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Aujourd’hui, je mène de nouveau la vie normale d’une étudiante

Laura D., 19 ans, a publié au début de l’année « Mes chères études : étudiante job alimentaireprostituée », aux éditions Max Milo.

Les débuts
« Comme beaucoup d’étudiants, j’avais des problèmes financiers. Mon petit boulot n’était pas suffisant pour payer le loyer et les factures, et je ne suis pas boursière.
Sur internet, j’ai trouvé des annonces pour étudiantes, du style « Homme mûr cherche rencontre rémunérée avec étudiantes ».
Ce n’est pas dit clairement, mais tout le monde comprend. Je n’ai jamais été naïve, je savais que j’allais vendre mon corps. »

L’argent
« En une ou deux rencontres, je pouvais gagner 1.000€. Tout ça pour quelques heures à peine ! Le danger, c’est de s’habituer à cette forme de confort, d’argent assez facile.
Ç a devient vite un piège, une dépendance à l’argent qui peut vous pousser à faire des choses encore plus graves et dangereuses. »

Le danger
« Au début, on est seule chez soi, derrière son ordinateur. On se sent en totale sécurité. Je pense même que pour certaines, c’est presque comme un jeu.
Mais quand on répond à une annonce, on est déjà dans l’engrenage. Quand j’ai sauté le pas et que j’ai rencontré mon premier client, je ressentais plein de sentiments :
la peur, l’angoisse, la honte, en même temps on trouve la situation totalement ridicule… c’est très complexe.
Le principal danger, c’est que généralement personne n’est au courant de votre activité, vous la cachez à votre entourage,
et s’il vous arrive quelque chose avec un client, personne ne peut le savoir.»

Les clients
« Ceux que j’ai rencontrés étaient des hommes normaux, éduqués, souvent mariés et pères de famille.
Certains avaient des enfants plus âgés que moi.
Les clients de prostituées sont des gens que l’on croise dans la rue, qui ont une vie banale,
mais aussi je pense un mal-être au fond d’eux-mêmes.
Je ne les condamne pas, je ne les approuve pas non plus, c’est la loi de l’offre et de la demande, c’est tout.»

L’arrêt
« Au bout de quelques rencontres, j’ai arrêté. Je ne supportais plus cette situation.
Aujourd’hui, je mène de nouveau la vie normale d’une étudiante,
avec un petit job d’appoint, des galères d’argent, des partiels à passer…»

L’écriture
« Je n’ai pas écrit ce livre pour me soulager ou pour un côté thérapie. Sans être un livre politique, c’est un livre militant.
J’espère qu’il fera éclater les non-dits et qu’on arrêtera de cautionner par le silence cette situation.
J’espère surtout qu’il va alerter les responsables politiques sur la précarité étudiante au sens large, et qu’il va relancer le débat sur les frais d’inscription universitaires,
sur le prix des loyers étudiants, sur les petits jobs à côté des études…»


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